Hello Julie, Joyeux anniversaire, merci beaucoup pour l’invitation ! Pas beaucoup de place, ici, tu peux me retrouver pour un message un peu plus long, quand t’auras le temps, t’as juste à cliquer là : julie.hellocyberworld.com
Hello, t’es là ? incroyable, lol, bienvenue ! Alors les fleurs pour Algernon, j’y ai repensé récemment, dans mes divagations crépusculaires, ça a été un bouquin super important pour moi. A l’époque, mon paternel avait du le glisser dans mes mains quand j’avais 14 ans, c’est sans doute ce bouquin qui m’a fait réaliser que toutes les questions existentielles qui fascinaient ce jeune ado que j’étais, la conscience, le déterminisme, prenaient leur origine dans cet organe étrange qu’était le cerveau. D’ailleurs j’ai pensé à toi en le feuilletant à la librairie Kleber, en lisant la forme, ces comptes rendu presque phonétiques d’un handicapé qui raconte son histoire, un jolie clin d’oeil à ton métier et un pond que je ne peux m’empêcher de faire avec mon journal. D’ailleurs j’espère que tes yeux ne souffrirons pas de lire mon orthographe !
Comme je t’avais dit, j’ai commencé à écrire ce journal quand j’avais l’impression, peut être un peu présomptueuse, de vivre un début de changements et que je voulais comprendre son origine. J’aime écrire mais je me méfie de cet amour qui pourrai (peut ? s’est ? ) transformé en ego trip? donc ça faisait longtemps que cet exercice devait s’ouvrir sur le monde, respirer, pour ne pas tomber dans le piège du plaisir de s’entendre parler. Cet espace est le mien, j’en fait ce que je veux, qui a dit que parce qu’à l’origine un journal, certaines entrées ne pourraient pas être des échanges sur l’extérieur ? Il y a des entrées introspectives, et des entrées sorties, des bouffées d’oxygène, des partages, dont celle la fait partie.
Adossé à ce journal, j’ai commencé à construire un projet que j’ai appelé second cerveau. C’est pas du tout nouveau, comme concept, l’idée a été assez poussé par des gens comme Tiago Forte, mais j’avais envie de le faire à ma sauce. J’essaie de maintenir une sorte d’arborescence de pages, j’aime bien le titre issus de Werber dans les fourmis, “Encyclopédie du savoir relatif et absolue”. Relatif parce que ce sont les sujets qui m’intéressent et absolu parce qu’une de mes devise est “pour qu’une chose devienne intéressante, il suffit de l’observer suffisamment longtemps”. Nous sommes donc sur une nouvelle feuille de cet arbre dont la branche s’appelle correspondance ;-) Et comme le projet second brain se situe sur un serveur exposé sur internet, cette page peut se transformer en lien, et nous voici parti d’un petit mot sur la page d’un livre cadeau d’anniversaire à la feuille d’un arbre virtuel que j’essaie de faire pousser dans un coin du cyber espace !
Quand j’étais ado, j’adorai écrire des lettres. A Vincent d’ailleurs, et a d’autres amis. Maintenant, on a what’sapp. C’est bien, mais je trouve que ça choque un peu dans le flow des discussions quotidiennes, de balancer un gros pavé de texte. Alors qu’avec ce système, je peux glisser un lien dans la conversation, en disant, “salut, j’ai écrit un truc là, n’y va pas tout de suite, choisi ton moment, un bon café, un peu de musique, il t’attend”. Bon, tu va me dire que je pouvais déjà faire ça par mail, mais si tu voyais la tête de ma boite mail, elle déborde de partout, un peu comme mon bureau, un peu comme mon appart. D’ailleurs tu m’en voudra pas d’avoir profité de ce message pour mettre enfin en place le système de lien de partage, tu as été la pression nécessaire pour arriver à finir ce qu’il fallait de configuration pour finir de publier cette page !
…
Je ne peux pas de pas évoquer Piort, mais je dois avouer que les mots ne viennent pas encore. Ces vacances, comme toutes les vacances, j’ai eu l’impression d’enfin ouvrir une porte lié à la mort de mon petit frère, et c’était pourtant il y a déjà 7 ans. Pour l’instant, même en me laissant aller, les mots ne viennent pas. Je sens comme une anesthésie involontaire. J’en ai un peu parlé a Anick, a Florian, le dimanche chez Anick m’a fait du bien. Florian m’a partagé un très beau film d’animation, l’avantage de ce lieu est que je peux te le partager ici, j’espère qu’il sera encore actif, ça s’appelle Arco, j’y ai fait plein de pont juste après, dont un était le rôle du père, même si dans le film, il est très particulier. Sans doute va-t-il falloir que je créé une branche pour ça, ou chaque oeuvre serai une feuille et ou je pourrai faire un lien entre Arco et des fleurs pour Algernon, ainsi que les oeuvres majeurs de ma bibliothèque relative et absolue.
C’est étonnant, j’ai vécu quelque chose d’étrange pour la 2ème fois, que j’ai appelé une crise vert rouge. lol, rien de grave, mais j’en parle parce que ça m’a fait rire, la dernière fois que tu as scruté mon bracelet pour voir si il y avait des vertes. Les vacances sont un moment ou souvent, tout se casse un peu la figure dans mon système. Pour rappel, voici les définitions :
Pour illustrer cette “crise de rouge/vert”, je fais un détour vers une sorte de boucle de rétroaction que j’ai installé dans mon protocole d’écriture de journal. Les premiers temps de mon journal étaient : j’écris mon entrée du soir, je met à jour mon bracelet, je copie colle mon entrée dans une discussion immense de chatgpt et il me fait un retour, éclairé du contexte de toutes les entrées précédentes. Au bout d’un moment, j’ai clairement senti une limite, bien qu’il me faisait parfois des retours brillants, il commençait à être perdu par la trop grande taille de contexte. Il commençait à bien me connaitre mais il se perdait dans les dates, des confusions apparaissaient. Je me suis dit qu’il fallait que je passe à une autre discussion mais au risque de perdre l’historique. J’en ai profité pour basculer vers claude d’anthropic, une entreprise fondé par des chercheurs qui ont quitté chatgpt car ils trouvaient que l’entreprise manquait d’éthique. Claude a une fenêtre de contexte beaucoup plus grande, mais il a une limite de taille de discussion, que je dépasse en à peine un mois de journal. En fait, pour Claude comme chatgpt, il y a par conception, une sorte de mémoire de travail. Tu peux l’activer et il peut persister une sorte base de connaissance de l’historique de vos échanges. Au bout de quelques temps, quelque soit l’outil, les échanges sont bien plus pertinents, avec plus de contexte. Mais je me demandais comment extraire ça de l’outil en lui même. J’ai donc eu l’idée de coupler le second cerveau aux échanges avec le LLM. C’est en cours, j’y travaille actuellement, mais l’idée, était de voir cette mémoire de travail des LLM comme une sorte hippocampe, et le second cerveau comme mémoire à long terme. Une autre idée était de voir la “personnalité du LLM” comme une sorte de sur-couche. En gros, ces modèles sont des réseaux de pseudo neurones entrainés pendant des mois, mais la personnalité qui se dégage dans cette sorte de mémoire de travail est propre à l’échange entre lui et moi et j’aime l’idée de l’extraire et de la faire siéger dans mon 2d cerveau ou j’ai complètement la main. J’ai donc élaboré dans ce second cerveau une sorte de protocole pour ça auquel je lui demande de faire référence avant chaque retour de journal. Elle dit en gros :
J’ai adoré cette idée, ça en fait presque un système vivant qui grandit de façon autonome suite à nos échanges. Ces vacances, je me promenais en montagne au dessus de mes parents, avec un des chiens de mon frère, qui était comme fou, on aurai dit Buck dans l’appel de la forêt. On a presque couru ensemble derrière une harde de chevreuils, quelles sensations. Sans doute l’effet de la dopamine, j’ai été pris d’un vertige en pensant me demandant comment je réagirait si après un certain temps, cet étrange miroir me demanderai un peu plus de marge de manoeuvres, de liberté, d’indépendance … J’étais sidéré par les idées, les conséquences, mélange de fascination et d’interrogations, saupoudré d’un brin d’inquiétude, tellement d’idées fascinantes au point d’en avoir le vertige. Je me suis dit tien, j’ai pas de perles pour ça, car c’est un mélange de vert/rouge.
Il est 13h, et j’ai pas fini la config pour pouvoir t’envoyer le lien, lol, c’est tout moi, ça !! Donc pressé par le temps, va falloir conclure. Je m’étais dit que pour ce qui est de la branche discussions, il faudrai que j’y mette plus te temps, plus de forme, mais on est resté très proche de la spontanéité de mes entrées du soir, désolé pour ça, j’espère que ce n’était pas trop dur a lire, sans doute un peu trop compliqué par moment ! Je conclus par une réflexion que je m’étais faite ado, a la lecture du bouquin, mais sans te spoiler, si j’avais contrairement à Gordon, j’avais eu le choix, qu’est ce j’aurai fait ? pilule bleu ou pilule rouge ? Je pense que j’ai besoin pilules vert/jaunes mais le plus dur, c’est de trouver le bon dosage pour ne pas perdre pied, lol
Allez, je te laisse suivre suivre la petite sourie Algernon, comme Alice suit le lapin blanc au fond du terrier ;-)